Recherche de Patrimoine mobilier et immobilier

Cadre juridique, finalité et valeur probatoire de l’enquête

La recherche de patrimoine mobilier et immobilier a pour objet d’identifier les biens détenus directement ou indirectement par une personne physique ou morale, lorsque ces éléments patrimoniaux sont déterminants dans un cadre civil, familial, commercial ou d’exécution de décision de justice.
Elle intervient notamment lors de procédures de divorce, de liquidation de régimes matrimoniaux, de fixation ou de révision de prestations financières, de recouvrement de créances ou de contentieux patrimoniaux.

Dans ce contexte, le recours à un cabinet de détectives privés légalement habilités permet de mettre en évidence des éléments patrimoniaux objectivement constatables et juridiquement exploitables, dans le strict respect du droit et des libertés individuelles.


1. Fondements juridiques de la recherche de patrimoine

La recherche de patrimoine s’inscrit dans le cadre général du droit de la preuve.

L’article 9 du Code de procédure civile dispose que :

« Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. »

Lorsque la situation patrimoniale d’une partie conditionne une décision judiciaire, il appartient à celle qui l’invoque d’en rapporter la preuve.
Le juge civil ou le juge aux affaires familiales ne procède pas lui-même aux investigations patrimoniales et statue uniquement sur la base des éléments produits par les parties.

Par ailleurs, le droit au respect de la vie privée, consacré par l’article 9 du Code civil, impose que toute recherche patrimoniale soit conduite par des moyens licites, proportionnés et non intrusifs.


2. Notion de patrimoine mobilier et immobilier

Le patrimoine comprend l’ensemble des biens, droits et valeurs appartenant à une personne, qu’ils soient détenus à titre personnel ou par l’intermédiaire de structures juridiques.

Il peut inclure notamment :

  • des biens immobiliers (maisons, appartements, terrains),

  • des biens mobiliers de valeur (véhicules, biens d’équipement, objets de valeur),

  • des participations sociales,

  • des droits patrimoniaux apparents,

  • des actifs détenus par personnes interposées.

La recherche de patrimoine vise à objectiver l’existence, la consistance et la localisation apparente de ces actifs, indépendamment des déclarations de la partie concernée.


3. Charge de la preuve et nécessité d’éléments factuels

La simple allégation de l’existence ou de l’absence de patrimoine est juridiquement insuffisante.
La preuve doit reposer sur :

  • des éléments matériels vérifiables,

  • des indices concordants,

  • des informations accessibles légalement,

  • des faits objectivement constatables.

L’enquête privée permet de rééquilibrer l’information patrimoniale lorsque celle-ci est partielle, volontairement opaque ou contestée.


4. Cadre légal de l’intervention du détective privé

L’intervention du détective privé est strictement encadrée par l’article L.621-1 du Code de la sécurité intérieure, qui autorise l’enquêteur privé à recueillir des informations ou renseignements destinés à la défense des intérêts d’un tiers.

Avant toute mission, une analyse juridique préalable est réalisée afin de vérifier :

  • la légitimité de la demande,

  • la proportionnalité des moyens envisagés,

  • la conformité au droit de la preuve et au respect de la vie privée.

Le détective privé ne dispose d’aucun pouvoir coercitif et n’accède à aucune information protégée par le secret bancaire, fiscal ou professionnel.


5. Méthodes d’investigation autorisées et limites légales

Les investigations reposent exclusivement sur des méthodes licites, notamment :

  • recherches d’informations ouvertes (OSINT),

  • consultation de données accessibles au public,

  • analyse de structures juridiques visibles,

  • recoupement d’indices patrimoniaux,

  • observation de signes extérieurs de patrimoine.

Sont strictement exclus :

  • l’accès frauduleux à des fichiers confidentiels,

  • toute usurpation d’identité,

  • toute atteinte au secret bancaire ou fiscal,

  • toute intrusion dans la vie privée.

Le respect de l’article 9 du Code civil constitue une limite absolue à toute mission.


6. Rapport d’enquête et valeur probatoire

À l’issue de la mission, un rapport d’enquête circonstancié est établi.
La jurisprudence constante de la Cour de cassation, notamment depuis l’arrêt du 7 novembre 1962, reconnaît la recevabilité des rapports de détectives privés comme moyens de preuve, dès lors que les faits ont été recueillis légalement et loyalement.

Le rapport est :

  • factuel,

  • objectif,

  • structuré,

  • fondé sur des éléments recoupés et vérifiables.

Il peut être produit devant les juridictions civiles ou familiales, dans le respect du principe du contradictoire.


7. Articulation avec l’article 145 du Code de procédure civile

L’article 145 du Code de procédure civile permet au juge d’ordonner des mesures d’instruction lorsqu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir la preuve de faits dont dépend la solution d’un litige.

Les éléments issus d’une recherche de patrimoine peuvent :

  • fonder une requête sur le fondement de l’article 145 CPC,

  • appuyer une demande de mesures conservatoires,

  • préparer une action patrimoniale ou une exécution forcée.


8. Intérêt de la recherche de patrimoine

La recherche de patrimoine permet notamment :

  • d’identifier des actifs dissimulés ou sous-déclarés,

  • de sécuriser une procédure judiciaire,

  • de préparer une liquidation patrimoniale,

  • de vérifier la cohérence des déclarations financières,

  • d’éclairer une décision stratégique avant ou après contentieux.

Il appartient exclusivement au juge d’apprécier la portée juridique des éléments établis.

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