Due diligence approfondie

Cadre juridique, finalité et valeur probatoire de l’enquête

La due diligence approfondie consiste à procéder à une analyse structurée, factuelle et indépendante des éléments juridiques, économiques, organisationnels et réputationnels relatifs à une personne physique ou morale, préalablement à une opération engageante ou dans un contexte de sécurisation stratégique.

Elle intervient notamment dans le cadre :

  • d’une entrée en relation d’affaires significative,

  • d’une prise de participation,

  • d’une cession ou acquisition,

  • d’un partenariat stratégique,

  • ou d’une anticipation de risque contentieux.

Dans ce contexte, le recours à un cabinet de détectives privés légalement habilités permet de collecter, vérifier et recouper des informations objectivement constatables et juridiquement exploitables, dans le strict respect du droit et des libertés individuelles.


1. Fondements juridiques de la due diligence

La due diligence approfondie s’inscrit dans le cadre du droit de la preuve, du principe de loyauté dans les relations contractuelles et de la liberté du commerce, sous réserve du respect des règles légales applicables.

L’article 9 du Code de procédure civile dispose que :

« Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. »

En amont d’un engagement contractuel ou sociétaire, il appartient aux parties de s’informer loyalement, afin de prévenir les risques juridiques, financiers ou réputationnels susceptibles d’affecter la validité ou l’exécution de l’opération envisagée.

Lorsque des informations dissimulées ou inexactes causent un préjudice, le fondement de la responsabilité civile prévu par l’article 1240 du Code civil peut être mobilisé.


2. Notion juridique de due diligence approfondie

La due diligence approfondie ne constitue ni une enquête pénale, ni une expertise financière ou comptable réglementée.
Elle vise à objectiver une situation globale, à partir d’informations accessibles légalement, notamment en ce qui concerne :

  • la structure juridique et capitalistique,

  • l’identité, le parcours et les fonctions des dirigeants ou associés,

  • l’existence de procédures judiciaires connues,

  • les risques réputationnels identifiables,

  • la cohérence entre déclarations et réalité observable,

  • les éléments susceptibles d’affecter la pérennité de l’opération.

Elle permet d’identifier des zones de risque, sans porter d’appréciation juridique ou financière réservée aux professions réglementées.


3. Charge de la preuve et nécessité d’éléments factuels

La prise de décision fondée sur des informations incomplètes ou erronées peut engager la responsabilité du décideur et fragiliser l’opération envisagée.

La due diligence repose sur :

  • des faits matériels vérifiables,

  • des informations accessibles légalement,

  • des indices concordants,

  • des éléments recoupés et objectivement constatables.

L’enquête privée permet de réduire l’asymétrie d’information et de sécuriser une décision engageante.


4. Cadre légal de l’intervention du détective privé

L’intervention du détective privé est strictement encadrée par l’article L.621-1 du Code de la sécurité intérieure, qui autorise l’enquêteur privé à recueillir des informations ou renseignements destinés à la défense des intérêts d’un tiers.

Avant toute mission de due diligence, une analyse juridique préalable est réalisée afin de vérifier :

  • la légitimité de la demande,

  • la finalité de l’opération envisagée,

  • la proportionnalité des moyens,

  • la conformité au droit de la preuve et au respect de la vie privée.

Le détective privé n’accède à aucune information protégée par le secret bancaire, fiscal, médical, industriel ou des affaires.


5. Méthodes d’investigation autorisées et limites légales

Les investigations reposent exclusivement sur des méthodes licites, notamment :

  • recherches d’informations ouvertes (OSINT),

  • analyse de données juridiques et économiques accessibles,

  • recoupement d’informations publiques et professionnelles,

  • analyse de structures sociétaires visibles,

  • observation de faits objectivement constatables.

Sont strictement exclus :

  • toute usurpation d’identité,

  • toute intrusion dans des systèmes informatiques,

  • toute captation frauduleuse d’informations confidentielles,

  • toute atteinte au secret des affaires ou à la vie privée.

Le respect de l’article 9 du Code civil relatif au droit au respect de la vie privée constitue une limite absolue.


6. Rapport de due diligence et valeur probatoire

À l’issue de la mission, un rapport de due diligence circonstancié est établi.
La jurisprudence constante de la Cour de cassation, notamment depuis l’arrêt du 7 novembre 1962, reconnaît la recevabilité des rapports de détectives privés comme moyens de preuve, dès lors que les informations ont été recueillies légalement et loyalement.

Le rapport est :

  • factuel,

  • objectif,

  • structuré,

  • fondé sur des éléments vérifiables et recoupés.

Il peut être utilisé :

  • dans un cadre décisionnel interne,

  • en phase précontractuelle,

  • en précontentieux,

  • ou produit devant une juridiction civile ou commerciale, dans le respect du principe du contradictoire.


7. Articulation avec l’article 145 du Code de procédure civile

Lorsque la due diligence révèle des éléments susceptibles de fonder un litige, l’article 145 du Code de procédure civilepermet au juge d’ordonner des mesures d’instruction afin de conserver ou d’établir la preuve de faits déterminants.

Les éléments issus d’une due diligence approfondie peuvent ainsi :

  • appuyer une requête fondée sur l’article 145 CPC,

  • préparer une action en responsabilité civile,

  • sécuriser une opération juridique ou commerciale.


8. Intérêt de la due diligence approfondie

La due diligence approfondie permet notamment :

  • de sécuriser une opération engageante,

  • d’identifier des risques juridiques, financiers ou réputationnels,

  • de prévenir des contentieux ultérieurs,

  • d’éclairer une décision stratégique majeure,

  • de renforcer la sécurité juridique d’un projet.

Il appartient exclusivement au décideur ou au juge d’apprécier la portée juridique des éléments recueillis.


Sources juridiques officielles

  • Code de procédure civile, art. 9 et 145

  • Code civil, art. 9 et 1240

  • Code de la sécurité intérieure, art. L.621-1

  • Cour de cassation, arrêt du 7 novembre 1962

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